Lorsque tout brûle, personne ne demande aux agent·es publics dʼêtre rentables
Meurtre de la petite Lyhanna, méga feux, caniculesdans les hôpitaux, les crèches et les écoles, méga piratage de données sont lʼillustration du bilan calamiteux de 10 ans dʼaustérité dans nos services publics.
Cʼest aussi le résultat de lʼabandon de notre industrie, qui nʼest plus capable de construire des avions bombardiers dʼeau et de sécuriser nos données numériques.
Plus de 7300 personnes sont mortes de la canicule, 96 000 hectares de forêts sont partis en fumée.
Plus de 20 000 familles ont été sinistrées, des centaines dʼentreprises ont été dégradées et cela nʼest pas fini car nous sommes désormais confrontés aux intempéries et aux conséquences de la sécheresse.
Face à ces événements climatiques, une fois encore, ce sont les agent·es publics qui ont tenu le pays debout et sauvé des vies.
Et qui en ont payé le prix fort. 4 pompiers sont morts et près dʼun millier blessés.
Il a fait plus de 35 degrés dans les hôpitaux, les crèches et les Ehpads, et les agent·es ont continué à travailler pour assumer leurs missions au prix de centaines dʼaccidents de travail.
Cet été, la chaleur a tué dans les hôpitaux et les Ehpad, elle a tué au travail et dans les bouilloires thermiques dans lesquelles vivent des millions de ménages. Les travailleurs et les travailleuses vont en plus être pénalisés par une nouvelle baisse de pouvoir dʼachat alors que le prix des denrées alimentaires et de lʼénergie explose.
On leur demande dʼêtre là et ils sont là. Pourtant, les braises ne sont même pas éteintes que gouvernement et patronat reprennent leur litanie : il faut faire des économies et couper dans les services publics.
Nous nʼoublierons pas nos morts, nos arbres, nos maisons.
Nous ne laisserons pas notre pays partir en fumée à cause de lʼincurie gouvernementale et de la rapacité des grands patrons. Les leçons doivent être tirées. Les investissements nécessaires doivent être faits dans nos services publics. Le PLF et le PLFSS 2027 préparent lʼété prochain. Maintenir le budget 2026 alors que lʼinflation dépasse les 3% et que les besoins explosent, cʼest en réalité le baisser et se préparer à un été encore pire que celui que nous avons vécu. Il faut un budget en forte augmentation pour les services publics et les agent·es.
Alors oui, cela coûte. Mais cela sʼappelle de la prévention, et cʼest toujours plus économique que la réparation.
Dʼaprès le gouvernement, cet été calamiteux coûtera au pays au moins 10 à 15 milliards dʼeuros. Pourtant, la majorité des catastrophes de cet été auraient pu être évitées si les leçons de la canicule de 2003 avaient été tirées, si les investissements nécessaires avaient été réalisés. Si les pompiers avaient été en nombre suffisant et avec lʼéquipement adéquat pour pouvoir stopper immédiatement tous les départs de feux, si les hôpitaux avaient été climatisés, si les logements, les crèches et les écoles avaient été correctement isolées, les villes végétalisées…
En 2003 nous avons découvert la violence dʼune France à 30 degrés, cette année nous avons vécu lʼhorreur dʼune France à 40, il faut dʼurgence prendre des mesures pour que nous ne vivions pas lʼenfer dʼune France à 50 degrés. Il faut
adapter notre société, mais aussi et surtout atténuer le réchauffement climatique. Pour cela il faut une bifurcation immédiate qui doit être enclenchée sans attendre, dès le PLF et le PLFSS 2027.
Les services publics et leurs agent·es ne doivent plus être une variable dʼajustement.
Ils et elles doivent être les acteurs prioritaires pour lutter contre le réchauffement climatique, contre lʼabandon des territoires. La santé, lʼéducation, la sécurité, la justice, la solidarité, les services de proximité ne sont pas des marchandises.
Cʼest dans cet objectif que la CGT appelle à une grande journée de mobilisation et de grève des agent·es de la Fonction publique le 29 septembre.
Retrouvez les 10 propositions de la CGT en téléchargement ⤵️
- Reconnaître les agent·es publics : le sens avant l’austérité
- Faire de l’adaptation et de la lutte contre le changement climatique une cause nationale
- Remettre nos hôpitaux à niveau : une urgence vitale
- Pour des collectivités territoriales au service des populations
- Faire du logement une priorité d'adaptation climatique
- Agir en faveur de l'éducation, la culture, la pluralité de l’information
- Des moyens pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles et protéger les enfants
- Mettre fin à la paupérisation de la recherche et de l’enseignement supérieur
- Pour une fiscalité plus juste
- Pour la conditionnalité des aides publiques et la suppression des exonérations de cotisations sociales