Le 5 novembre, la mobilisation a été massive
Avec des grèves dans de nombreux secteurs professionnels, du privé comme du public, et plus de 2 000 arrêts de travail recensés dans l’industrie et les services. Dans la rue aussi, le succès était au rendez-vous avec plus de 1,5 million de manifestant·es dans plus de 200 villes d’après le recensement de la CGT.
« Dans la continuité de la grève de la Fonction publique, du mouvement des lycéen·nes et étudiant·nes, des manifestations du samedi contre la vie chère, et des centaines de grèves dans les entreprises et services durant cet automne, la journée du 5 novembre marque un nouveau temps fort d’expression des revendications. » (lire le Communiqué de presse de la cgt du 5 novembre)
Une première brèche ouverte avec la mobilisation
Alors que le gouvernement misait sur l’essoufflement de la mobilisation lycéenne et cherchait à discréditer les manifestations du mois d’octobre contre la vie chère, le succès du 5 novembre a démontré que la colère ne faiblit pas. L’exécutif et le patronat ne peuvent plus l’ignorer.
La mobilisation a déjà permis d’entrouvrir une porte, avec l’annonce d’une conférence sociale sur les salaires et le pouvoir d’achat, lundi 9 novembre. Mais cette première ouverture reste bien insuffisante face à l’urgence des revendications.
« Nous prenons acte de la réunion annoncée par le Premier ministre ce lundi avec les organisations syndicales représentatives du privé. Nous prenons acte aussi du fait que les fonctionnaires et les jeunes, pourtant encore nombreux et nombreuses à être mobilisés aujourd’hui, n’ont même pas de rendez-vous », regrette le communiqué intersyndical.
La promesse d’« coup de pouce » sur le SMIC qui ne fait pas le compte
Une journée de mobilisation, aussi puissante soit-elle, ne suffit pas, à elle seule, à faire aboutir les revendications. Pour preuve, le gouvernement annonce un « coup de pouce » au Smic de moins de 23 euros net par mois. Avec 122 branches professionnelles dont les minima sont inférieurs au Smic et des grilles salariales qui se tassent, difficile d’y voir autre chose qu’un coup de com’ plutôt qu’une véritable politique d’augmentation des salaires !
Dans ce contexte, la CGT appelle à participer à la journée de mobilisation du samedi 7 novembre partout où les conditions sont réunies. ⤵️
Transformer l'essai
Face à ces réponses dérisoires, le succès du 5 novembre doit devenir un point d’appui pour élargir la mobilisation, élaborer les revendications sur les lieux de travail et construire les prochaines victoires. Pour Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT:
« La question, ce n’est pas si on va gagner, mais combien on va gagner ? »
Cette détermination dépasse les frontières. En Belgique, en Espagne, en Italie et au Portugal, les syndicats se mobilisent aussi pour les salaires, les retraites et les services publics. Avec la CGT, ils ont lancé un appel commun « Assez ! ». Une convergence européenne qui renforce le rapport de force et montre que d’autres choix sont possibles.
L’enjeu est désormais de transformer cette détermination en un rapport de force toujours plus large, en ancrant la mobilisation dans les entreprises, les services publics.
Sur les lieux de travail, construire les revendications pour élargir la mobilisation
Salaires, conditions de travail, emplois, reconnaissance des qualifications… L’enjeu est de partir des préoccupations des travailleur·ses pour construire ensemble des revendications et entraîner de nouveaux collègues dans la lutte.
Assemblées générales, questionnaires, discussions par service ou par atelier, demandes de négociations, débrayages… Les initiatives sont multiples pour faire vivre cette démarche revendicative, en tenant compte des réalités de chaque lieu de travail.
Pour accompagner les syndicats, la CGT propose un tutoriel pour construire la mobilisation sur les salaires. De l’élaboration des revendications à la préparation des négociations et des actions collectives, c’est un outil concret pour renforcer le rapport de force et gagner des augmentations de salaires en s’organisant avec la CGT (lien syndicalisation)
Faire grandir la mobilisation, c'est aussi faire connaître les luttes
Débrayages, assemblées générales, grèves, initiatives locales, avancées obtenues… Toutes ces expériences méritent d'être partagées. Faire remonter les informations aux organisations territoriales et/ou fédérales ( contacts ici) , c’est contribuer à rendre visibles les mobilisations, à partager les expériences pour montrer qu’il est possible d’agir et de gagner, et à renforcer les solidarités pour faire grandir le rapport de force à l’échelle nationale.

