Elles et ils luttent depuis des mois pour la sauvegarde de leur usine
Depuis le 21 juillet, les salarié·es du producteur de pâte à papier Fibre Excellence ont mis sous protection l’usine de Saint-Gaudens (31). À Tarascon (13), des actions décidées collectivement avec les salarié·es sont conduites dans et autour du site depuis le 23 juillet, dans l’attente de l’audience « de la dernière chance ».
En effet, c’est ce lundi 27 juillet que le tribunal de Commerce de Toulouse doit statuer sur l’avenir de l’entreprise.
Une offre crédible
À une semaine du jugement, un rapport d’expertise indépendant vient confirmer le sérieux du projet porté par le banquier Matthieu Pigasse et soutenu par les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur : « [Il] apporte une réponse crédible aux fragilités historiques du groupe. Il mobilise un actionnariat industriel et financier solide, présente une stratégie de transformation cohérente et bénéficie d’un plan de financement robuste ».
Et pourtant, le ministre de l’Économie Roland Lescure balaie ces éléments d’un revers de main, décrétant que le projet « n’est pas au niveau ».
Honte à @RolandLescure qui veut liquider les papeteries de Fibre Excellence.
Ces calculs politiciens sont indignes quand des milliers d’emplois sont en jeu.
Total soutien aux salarié•es qui occupent leur usine. @EmmanuelMacron vous cautionnez ? https://t.co/QNRWXlvTir— Sophie Binet (@BinetSophie) July 22, 2026
Un enjeu national
Cette déclaration est indigne de la part du ministre, qui s’acharne à décrédibiliser cette offre par pur calcul politicien. Au contraire, un tel projet devrait recevoir le plein soutien du Gouvernement compte tenu des enjeux qui le traversent.
Les sites de Saint-Gaudens (31) et Tarascon (13) représentent près de 700 emplois directs et 10 000 emplois indirects. La liquidation du site, fournisseur de près de 80 % de la capacité française de pâte marchande, pourrait en outre faire passer le déficit dans la balance commerciale dû aux importations de pâte à papier, de 1 à 2 milliards d’euros. Enfin, la fermeture des deux usines représenterait « une catastrophe écologique et un gouffre financier pour les pouvoirs publics » d’après Cédric Caubère, responsable départemental de la CGT. En effet, le rapport d’expertise estime les coûts de dépollution à plus de 500 millions d’euros en cas de liquidation, et indique que la disparition de Fibre Excellence « coûterait probablement davantage à la collectivité que les mesures nécessaires à sa relance ».
Plus que jamais, l’État doit agir pour la préservation de ce fleuron industriel français… d’autant qu’il dispose des leviers pour ce faire : au-delà des plus de 100 millions d’euros mobilisés depuis 2020 dans cette entreprise, il peut agir sur les tarifs de l’électricité, la régulation du marché du bois, les garanties financières… L’État doit prendre ses responsabilités, et c’est en ce sens que le président de la République a été interpellé le 23 juillet par un courrier signé par plusieurs secrétaires génraux·les de syndicats, dont Sophie Binet pour la CGT, et plusieurs responsables politiques.

