Près de 300 collègues ont répondu au sondage CGT sur les classifications RELOAD. Les résultats sont sans appel : la classification des emplois est vécue comme arbitraire et les carrières sont bloquées. Dans leurs réponses, de nombreux collègues ont exprimé leur colère, leur résignation et leur désengagement, en particulier les séniors. Nous publions ci-dessous le détail des résultats de cette enquête.
Pour aller plus loin, vous trouverez en pied d’article la répartition des classifications des participant.es à l’enquête (questions 1 & 2 du formulaire en ligne) ainsi qu’une sélection des paroles exprimées.
Résultats et analyse
57,2% des participant.es jugent que le passage à RELOAD n’a pas été bénéfique pour eux en termes de classification et 73% observent que des collègues autour d’eux font le même travail mais que leurs emplois n’ont pas la même classification. Cela démontre que la direction a détourné la méthode de classification pourtant basée sur la description de l’emploi tenu (c’est-à-dire le travail réel dans le poste).
Les perspectives d’évolution apparaissent bloquées pour la majorité des participant.es (54% ont une perspective de mobilité inconnue ou supérieure à 5 ans).
Les refus de mobilités sont nombreux pour des raisons autres que des problèmes de compétences :
- L’écart entre le poste visé et le poste occupé : 51%
- Un salaire trop bas en comparaison du SMH du poste visé : 40%
En conclusion, la classification RELOAD ne convient pas à une grande majorité des participant.es.
Si vous le souhaitez, la CGT peut vous aider à étudier votre situation et à identifier les écarts entre votre activité au quotidien dans votre poste et votre fiche emploi. Cela permettra de construire ensemble une démarche de contestation individuelle et collective.
Au-delà de cette démarche avec les salarié.es, la CGT, non signataire de l’accord RELOAD et non signataire de la nouvelle convention collective de la métallurgie, continuera à exiger une vraie reconnaissance des qualifications et de l’expérience pour permettre un réel déroulement de carrière.
Ne restez pas isolé.es, un travail collectif peut permettre des avancées concrètes.
Nous restons disponibles pour toute question ou commentaire.
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Répartition des classifications des participant.es (avant et après RELOAD) :
La parole des salarié·es :
“Avant Reload, cela permettait d’avoir des personnes compétentes et épanouies à leur poste, reconnues et valorisées par l’entreprise. Il était même possible de voir un compagnon accéder à un statut cadre. Aujourd’hui, malheureusement, ce n’est plus le cas. Ce système contraint les salariés à changer de poste, instaurant un mécanisme malsain où l’on ne raisonne plus en termes de métier, mais de classification.”
“RELOAD nous empêche d’évoluer. Trop d’écart de classification nous empêche de postuler à des offres.”
“J’ai été sous gradé et le pire, c’est qu’un chef me l’a avoué, il y a eu des quotas, bien qu’on nous ait dit qu’il y en aurait pas.”
“La classification ne reflète pas le travail effectué, et les responsabilités prises”
“Plusieurs personnes sur la FAL A350 se sont rendu compte que tous les postes équivalents à ST NAZAIRE était classifiés avec un grade de plus. Ex : Sup Tech 8 => 9 , Team Leader 9 => 10 etc….Est-ce normal, alors que tout devait être nivelé et égal selon les dires de l’entreprise ? Même exemple a St Eloi avec les TL”
“Je suis insatisfaite. La classification en fonction du salaire et non par rapport au poste”
“J’ai des collègues qui [ont] exactement la même activité que moi, ils sont G13 alors que moi je suis F11… En mobilité depuis 6 mois, je n’ai que des refus suite au minimum SMH”
“Aucune perspective d’évolution de grade dans son poste; obligé de changer de poste (même si le métier nous plait) pour évoluer en grade et en salaire; classé 14 à 45 ans sans ambition de devenir expert ou manager, j’ai atteint la fin de ma carrière, plus que 23 ans (pour le moment) à attendre la retraite…”
“Impossible de changer pour un poste différent, car mon salaire est trop bas … Cela bloque la progression de carrière des personnes. Une échelle plus progressive permettrait un développement des personnes.”
“Les classifications côté ATR sont inférieure d’un grade par rapport à Airbus pour des postes équivalent”
“Je ne pense pas que la classification soit un pb en tant que tel, mais c’est la pression sur les augmentations et la reconnaissance qui aggrave les possibilités d’évolution de carrière.”
“J’avais été retenue pour une JR en F12, au moment de signer elle a été passée en F11.”
“Je fais le même boulot que mon collègue, lui il est 13 et moi 11, j’ai fait un travail lourd ( semaines chargées de boulot quand je le remplaçais) et je n’ai pas eu même une augmentation de salaire, ni 4 en bonus.
Je trouve ça très injuste car pour passer d’une classification à une autre ça prend le temps et non plus l’expérience et les compétences.
“Je rejoins parfaitement votre analyse : j’ai un poste classé 12 mais un salaire au-dessus. Je dois donc m’estimer heureuse et ne plus espérer la moindre augmentation parce que , je cite, « tu comprends, t’es déjà bien payée pour ton poste ». Cela a forcément un impact sur notre engagement et c’est dommage. “
“Arrivé après Reload, j’ai intégré un niveau 13 alors que mes collègues faisant le même travail sont 14. Je sais que mon « expérience » est plus faible […] Mais j’ai cru comprendre que l’on ne pouvait pas faire évoluer mon poste vers un positionnement 14, car c’est associé à une fiche de poste et non un individu.”
Article réalisé sans intelligence artificielle.











